Le bon traitement des céphalées de tension

Posted on 30/04/12

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Même si les céphalées de tension restent insuffisamment connues et correctement diagnostiquées, ces douleurs non pulsatiles, qui donnent l’impression d’avoir la tête prise en étau, peuvent très rapidement engendrer des réelles souffrances psychologiques.

Les céphalées de tension peuvent durer plusieurs semaines voire devenir chroniques. La douleur varie parfois en intensité et au niveau de sa localisation, bien que des tensions cervicales soient récurrentes.

Je ne reviendrai pas ici sur l’étiologie et la symptomatologie de ces douleurs. Ma démarche vise, au vu d’éléments scientifiques croisés et d’expériences vécues/recueillies, à présenter des pistes thérapeutiques efficaces.

Un traitement de fond est nécessaire :

La composante psychologique étant prégnante, il s’agit de diminuer l’intensité du signal douloureux dans les terminaisons nerveuses situées dans les tendons et fuseaux musculaires. Pour cela, un antidépresseur tricyclique peut être prescrit quotidiennement. L’Amitryptiline (Laroxyl) n’agira aucunement sur une éventuelle dépression car la dose proposée par votre médecin sera minime. Les posologies varient entre 20 et 50 mg par jour. J’insiste sur le fait que ce médicament n’aura pas vocation à agir sur une composante dépressive. Une AMM spécifique pour les douleurs neuropathiques / algies rebelles a d’ailleurs été attribuée.

Si votre sommeil est largement altéré par les céphalées, votre médecin préférera sûrement la forme en comprimé (1 cp de 25 mg le soir). L’Amitrypiline existe aussi en gouttes, ce qui permettra d’adapter individuellement et d’instituer le traitement de manière progressive, afin de limiter les effets secondaires (que sont une légère sécheresse buccale et une légère fatigue possible en début de traitement).

L’Amitryptiline agissant comme un sédatif du système nerveux central, il est tout à fait possible de répartir les prises plusieurs fois par jour afin de garder une concentration maximale de la molécule dans le sang. C’est un schéma rarement connu des généralistes et de bon nombre de pharmaciens. Voici, à titre d’exemple, ce que votre médecin généraliste, psychiatre ou neurologue pourrait vous proposer :

  • 2 gouttes le matin, 2 gouttes le midi, 5 gouttes le soir (pendant 1 semaine)
  • 3 gouttes le matin, 3 gouttes le midi, 6 gouttes le soir (pendant 1 semaine)
  • 4 gouttes le matin, 4 gouttes le midi, 7 gouttes le soir (pendant 1 semaine) -> à poursuivre en adaptant selon la réponse thérapeutique.

Il s’agit là d’une posologie graduelle et efficace, malgré ce que pourront rétorquer certaines personnes en arguant qu’il s’agisse d’une posologie homéopathique, à tort !

A ce traitement pourront être associés des tranquillisants et un bêtabloquant si besoin :

Le mécanisme d’action même des bêtabloquants reste encore à définir précisément. Il y a néanmoins consensus autour de quelques molécules dont le Propanolol (Avlocardyl). Ce dernier a une légère action sur la composante anxieuse mais son rôle consiste surtout à réguler le rythme cardiaque. La posologie de départ est de 40 mg le matin. Elle est à adapter avec votre médecin car c’est un médicament anti-hypertenseur qui diminue donc la pression artérielle. Elle ne doit pas être trop basse cependant.

Pour les personnes qui auraient des troubles respiratoires (BPCO, asthme…) ou des troubles circulatoires (AVC, syndrome de Raynaud etc.), la plus grande prudence s’impose. Après examen, votre médecin vous proposera éventuellement un bêtabloquant dit « non cardio-sélectif » comme l’Atenolol (Tenormine). Des résultats très encourageants sont à noter avec une prise quotidienne de bétabloquants en traitement de fond sur plusieurs mois !

Enfin, il est nécessaire d’agir sur la composante anxieuse :

Pour cela, existe une panopelie de tranquillisants de la classe des « zepam ». Votre médecin, en prenant en compte vos symptômes, vous proposera d’en prendre soit régulièrement ou idéalement uniquement lorsque vous sentez les douleurs croître. Le choix se fera entre :

  • une benzodiazepine à demi-vie d’élimination lente (davantage en traitement de fond anxieux) : Prazepam (Lysanxia), Diazepam (Valium)…
  • une benzodiazepine à demi-vie d’élimination courte (dans le cas de céphalées déclenchées de manière brutale suite à un choc ou une émotion) : Alprazolam (Xanax) ou Bromazepam (Lexomil). Ces 2 médicaments peuvent être croqués au besoin, il agissent très rapidement.

Je terminerai en rappelant qu’il est souhaitable de consulter en centre anti-douleur lorsque plusieurs traitements inefficaces ont été essayés sans succès. Les antalgiques n’ont aucune place dans le traitement des céphalées de tension dues au stress même si cela peut vous paraître surprenant !!

Enfin, essayez de faire de la relaxation fréquemment (yoga, étirements, sophrologie, massages) et abusez des infusions à base de camomille… Et une goutte de d’huile essentielle de menthe poivrée sur la région douloureuse aura un effet glaçon qui vous fera le plus grand bien pour vous soulager si vous n’avez rien d’autre à portée de main.

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Posted in: Médicaments